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Bay Djòb l’application haïtienne entièrement gratuite de recherche d’emploi

Lancé le 20 mai 2020, tout est complètement gratuit sur l’application Bay Djòb contrairement aux autres applications de ce genre. Les utilisateurs peuvent même y gagner de l’argent, échanger des biens et services et parrainer d’autres utilisateurs.

En réalité, tout comme les vendeurs de porte à porte, Bay Djòb permet à des partenaires de vendre des services dans plusieurs pays. «Lorsqu’on accepte un partenariat notre nom est dans la liste des partenaires dans le profil de tous les utilisateurs», explique le fondateur Jean Kindar Bury.

En fait, si vous devenez partenaire, toutes les personnes qui lisent vos publications et décident de rejoindre Bay Djòb, peuvent choisir votre nom comme partenaire lors de leurs inscription pour obtenir un rabais sur les services. «À chaque fois que cette personne utilise nos services pour obtenir un rabais, vous recevrez automatiquement une rétribution sur ce client par courriel et directement sur notre site», ajoute-t-il.

Il faut tout d’abord télécharger l’application, s’inscrire, et dans le menu choisir condition et adhésion. Il suffit ensuite de remplir au complet le formulaire . Si votre partenariat est accepté, vous recevez un courriel de Bay Djòb, avec le paquet média qui comprends des instructions. Votre nom se retrouvera alors dans la liste des partenaires avec vos informations de contact et le pourcentage de rabais que vous voulez offrir.

Les entrepreneurs peuvent aussi s’inspirer d’autres personnes et obtenir plus de client avec la page vidéo de l’application https://www.baydjob.com/video, mais cela ne fonctionne que si on est inscrit.

Bien sûre, la section vendez en ligne permet aux gens de vendre des articles de travail neufs ou usagés, en plus de fonctionner comme Amazon. Ce qui veut dire, pas besoin de faire un site web, ni la gestion. «Vous décidez de vendre par exemple des bottes vous l’affichez pour une vente local ou international. N’importe qui peut vous l’acheter directement sur notre site par carte de crédit ou venir le chercher», explique le fondateur de Bay Djòb.

Celui qui a gagné un prix pour jeune entrepreneur du Québec en 2009 raconte qu’il est allé en Haïti en 2013. Il a eu beaucoup de plaisir, mais l’entrepreneur en lui a remarqué que presque la totalité des gens qui se plaignent qu’il n’y a pas d’emploi en Haïti, n’ont pas de CV.

De plus, ceux qui ont un, n’ont pas forcément les détails qu’il faut dedans.Pour la totalité du reste qui ont ce fameux CV, ils n’ont pas cette habitude de rechercher un emploi sur une plateforme numérique.

«J‘ai aussi constaté la tristesse de ceux et surtout celles qui cherche un emploi, qui doivent faire face à des demandes sexuelles», ajoute-t-il.

Dans bien des cas ce sont des profiteurs qui n’ont pas réellement d’emplois à offrir. «En 2016, après avoir eu mon premier enfant, une petite fille, j’ai prit la décision de me lancer dans cette aventure pour résoudre ces problèmes mais aussi les problèmes de la communauté noir au Québec, y compris la communauté haïtienne».

Bay Djòb en bref

-Se faire connaître grâce à au réseau interne de Bay Djòb

-Service d’e-commerce pour acheter et vendre des produits 

-Recevoir des pop-up sur les nouveautés, donc plus besoin de rester connecter sur le site web pour ça 

-Élargir la notoriété de chaque utilisateur 

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Les orphelins de l’exode des cerveaux

Toute petite j’ai  été conditionnée à vivre avec un mur dans ma vie. Le mur de l’immigration. Ce mur qui m’a toujours séparée des gens que j’aime.

Alors que j’étais en Haïti, ma mère partait souvent en République Dominicaine, mon père partait souvent aux Antilles et au Canada. Après tous ces allers-retours, il s’est installé à Montréal pendant 7 longues années. Il a finalement ramené toute la famille près de lui au Canada, mais l’immigration avait déjà érigé un mur entre nous. Il ne nous reconnaissait plus. On ne se reconnaissait plus.

J’ai cru à tort que les choses reprendraient leur cours. Je rêvais d’une famille que l’on ne quitte que lorsqu’on se marie comme la coutume haïtienne le veut.  L’espoir de ratrapper le temps perdu, de créer de nouveaux souvenirs et de vivre dans une nouvelle maison familiale…Toutes ces années à attendre que la famille redeviennent «normale», tout ça en vain. Petit à petit tout le monde est parti. Mes trois sœurs et mon frère.

Conclusion amère d’un beau conte de fée : à leur âge, mes parents ne pouvaient plus se permettre de bâtir une autre maison au Canada. Et puis, de toute façon, ici, tout le monde part dès qu’on a mis la main sur son premier emploi, trouvé sa blonde ou son chum, ou son «colocataire-âme soeur».

Mon histoire, c’est celle de beaucoup d’autres familles d’immigrants. La réunification familiale est une expression bien positive, mais au cours du processus, la famille se divise. Trop de temps de séparation, choc culturel, défi d’intégration, ma famille comme bien d’autres a cédé sous la pression de ces facteurs.

Et un autre mur allait s’ériger devant moi. Celui qui me séparait de mon petit ami resté en Haïti. Je ne voyais pas pourquoi nous devions nous séparer parce que je partais pour le Canada. Mon père et ma mère avaient bien continué à être mes parents non? Même à des kilomètres.

Mais la réunification allait être tout aussi difficile. Maintenant comme jamais, je ne comprenais pas pourquoi l’immigration était aussi compliquée et si longue. Et ça faisait mal. Après une demande de visa de visiteur refusée à mon petit ami, et d’innombrables démarches pour obtenir un visa d’étudiant, on finalement décidé de se marier. Mais tout n’était pas gagné. Il a fallu convaincre les autorités de notre sincérité pour qu’ils lui donnent le statut de résident permanent. Mais on l’a eu.  Cette fois, le mur, je l’ai vaincu.

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Quand on pense terres arables (cultivables) en Haïti, on se demande si la déforestation ne les a pas toutes détériorées. Reste-il encore assez de terres cultivables où investir sans déficits? Sinon quelles sont les solutions?
Selon un article paru dans le journal Le Nouvelliste: «Environ 60% des 500 mille carreaux de terres agricoles haïtiennes sont localisées sur des pentes érodées recevant, pour la plupart, très peu de pluie ; (2) environ 75% des 200 mille carreaux situés dans les plaines ne sont pas irrigués.


Cependant, certaines autorités donneraient un nombre plus élevé. Disons 500 mille carreaux avec 300 mille dans les montagnes et 200 mille dans les plaines, dont 60 mille irrigués.»


Ces 60 milles hectares de terre représentent l’équivalent de 80 terrains de football. Ce qui est amplement suffisant pour promouvoir l’agriculture locale selon l’homme d’affaire et agriculteur Alex Joseph Don.


En effet, le propriétaire des fermes Cigais s’en occupe lui-même. Il combine le reboisement, l’irrigation et même l’élevage de poissons dans des bassins. Il préconise tout un écosystème où même les matières fécales des poules pondeuse et les troncs de bananiers sont réutilisés.


La recette est simple selon lui, «dès qu’on a le terrain, on y met l’argent, un plan d’affaires adapté à la réalité haïtienne, un plan étape par étape, une visite sur le terrain, ainsi trois mois pour s’établir et bien implanter sa gestion à distance.

https://m.facebook.com/Cigais-Ferme-Agricole-2126285680926362/?ref=content_filter

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L’humiliation constante de l’immigrant qui se ferme face au dénigrement

Les dirigeants de ton pays sont corrompus. On t’envoie de l’aide internationale qu’est ce que tes dirigeants en font? Qu’est ce que tu fais ici,si tu étais riche tu ne serais pas là. C’est toujours la galère là-bas ça n’arrête jamais, vous avez tout le temps besoin d’assistance. Quoi faire, pour éviter d’être confronté à ces rabaissements? Ne pas en donner l’occasion et s’instruire.

L’immigrant est constamment mis en face de la pauvreté de son pays d’origine, ses nombreuses catastrophes, la nullité et la corruption de ses dirigeants. S’il n’est pas fait fort, qu’il n’est pas très bien muni d’une compréhension des causes de la situation de son pays, sa souffrance est amère.

Il fini même par développer un sentiment d’infériorité. Il n’a donc pas le choix de se fermer, en limitant les interactions prolongées avec certains natifs aux caractère hautin, en constante recherche de validation de leur supériorité.

Il est aussi nécessaire de jumeler cette fermeture à un apprentissage d’une réflexion profonde sur les causes de la situation socio-économique de son pays d’origine.

Si ce n’est pas fait, il développe un mal être qui le pousse à glorifier son pays d’accueil sans réserve, tout en dénigrant le sien pour cacher son mal être. C’est la manifestation du sentiment d’infériorité, mais il ne le fait pas que de lui-même.

De toute façon, la manie chez beaucoup de natifs c’est de sans cesse chercher les mots de sa bouche: dis tu es bien ici non, c’est beaucoup mieux par rapport à ton pays, que préfères-tu ici ou là bas? Ce sont évidement des questions de prime à bord presque inoffensives. Ce n’est toutefois pas le cas. Et encore moins lorsque c’est accompagné des remarques sur l’aide humanitaire versée aux dirigeants corrompus de son pays, le misérabilisme qui tend à lui rappeler sans cesse tous les cataclysmes qui se sont abattus sur eux. Ou encore de lui rappeler à quel point il doit être reconnaissant d’être ici sous peine de l’indexer d’ingrat.

Se fermer, se former, prêt à répondre

Attention: ce n’est pas envoyer promener tous les natifs de son entourage. C’est simplement adopter une attitude qui les poussent à réfléchir à deux fois avant de vous choisir pour vous faire ce genre de remarques citées plus haut. En bon créole «Kabrit gade je mèt jaden avan li oze rantre». Définition: «la chèvre regarde les yeux du propriétaire du jardin avant d’oser d’y entrer».

C’est une solution drastrique se «renfermer», mais extrêmement efficace pour les cœurs sensible.Après s’être renfermé pour éviter le plus que possible des agressions psychologiques, quoi répondre.

-Les sommes d’argent d’aide humanitaire sont versés aux ONG occidentaux et européens, donc ces soit-disant dirigeants corrompus ne les gèrent pas.

Autre technique: Les pays occidentaux ou européens annoncent une aide, mais ne mentionnent pas que le montant de l’aide va se traduire par l’achat d’équipements fabriqués par des entreprises de ces mêmes pays donneurs. Résultat: l’argent ne touche pas le portefeuille des citoyens du pays « aidé ».

-Vous n’avez aucun contrôle sur les délires hégémoniques et interventionnistes des pays développés anciens colonisateurs et néocolonialistes qui enfoncent l’assistance humanitaire à la gorge de vos pays d’une manière ou d’une autre.

-Les rapports Nord-Sud, Afrique-Europe, occidental-Afrique restent marqués des entraves du colonialisme et du néocolonialismes qui désorganisent et créent un flux migratoire inévitable des anciens pays colonisés pauvres vers les pays riches.

-Aucun pays n’aime mettre l’accent sur ces moments les plus noirs. Au contraire, tout en s’instruisant sur ceux-ci ils célébreront les périodes charnières de réussite.

-Si votre pays passe par des moments difficiles, que vos dirigeants sont certes aussi corrompus ce n’est pas vous qui l’êtes. Dites vous que vous et votre génération ferez mieux. Et la corruption est présente dans tous les pays. Mais comme dit ce bon vieux proverbe haïtien: «Se sou chen mèg yo wè pis», «C’est sur le chien maigre qu’on voit des puces».

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L’importance de former gratuitement dès l’enfance la main-d’oeuvre noire

Est il possible de former gratuitement?

Avec tous les outils qu’Internet met à notre disposition, oui cela doit être pratiquement gratuite l’éducation. Pour diminuer le taux de chômage chez les noirs diplômés qui est si élevé, il faut se pencher sur l’enfant, car c’est comme un disque dur vierge que l’on peut formater à sa guise. Il faut les orienter vers les métiers en haute demande dans la société. Les orienter, sans nécessairement les forcer la main dès le plus jeune âge.

Quels sont les obstacles?

De plus, nul besoin de façonner que des médecins, des avocats et des infirmières en grande quantité.Il faut éviter ça, c’est un mauvais éparpillement de la main d’œuvre. D’autres secteurs beaucoup plus techniques doivent rester actifs parmi les formations offertes.

Il est donc clair qu’on a pas besoin de conseiller d’orientation, on a plutôt besoin d’une éducation en connaissance de soi. Il faut arriver à une entente entre les intérêts de chaque enfant et les métiers dont la société a besoin.

La construction un exemple de domaine

Connaissant le passage du séisme du 12 janvier 2010 en Haiti, la construction de nouvelles unités de logements par des maçons formés sur les catastrophes séismiques devrait être une priorité gouvernementale.

Éducation/Idéologie destructive et constructive

Il ne faut pas oublier d’inculquer des valeurs fortes de fidélité au drapeau haïtien et à la patrie par exemple. Sans compter l’enseignement sur les leaders afro-descendants actuels et passés. Dès l’enfance, ces lignes directrices façonnent la main d’oeuvre noire et assurerait la sortie de notre communauté du post-esclavagisme. Sans oublier de stopper l’exode des cerveaux qui prive Haïti et le continent africain de ces plus talentueux éléments dont il a besoin pour se développer sainement.

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Ressources/Investissements: Les non-dits sur les ressources minières et pétrolières d’Haïti

Haïti importe le pétrole l’or, l’argent et le cuivre de l’étranger pourtant, son sous-sol regorge de ces ressources et bien plus encore. Pendant ce temps, des entreprises étrangères exploitent ces ressources et le peuple ne reçoit dans la plus part des cas que des miettes.

Ce fut le cas en 1957, c’était le début d’une exploitation de bauxite. Avec ce contrat signé en 1944, ce sont 150 mille hectares de terres que la compagnie américaine Raynolds Mines Incorporation a exploitées à Paillant dans la ville de Miragoine. Le bauxite contient de l’aluminium que l’on retrouve dans une très vaste variété de produits quotidiens. Cela va des ustensiles, aux électroménagers ou à l’industrie aérospatiale.

En 1960, une mine de cuivre aux Gonaives dans la ville de Terre Neuve est exploitée par la Société d’exploitation et de développement économique et nature canadienne (Sedren) pendantt 12 longues années.

Ce sont 1.5 million de dollars en cuivre qu’ils ont pu extraire du sol, soit l’équivalent de 83 million de dollars. Sur ce montant, Haiti a reçu que 3 million de dollars. Un procès a même été fait à cette compagnie par la banque nationale de la république d’Haïti (BNRH). En 1972 , la BRNH condamne la compagnie et confisque tous leur matériels.

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Exploits des civilisations occidentales, quand plus rien ne m’impressionne

Tous les Afro-descendants grandissent en étant malades parce qu’ils sont psychologiquement brisés. Une destruction intérieure subtile et répétitive qui rend cet état d’être difficile à admettre pour beaucoup. Jusqu’au jour où ils apprennent toutes les réalisations colossales de leurs ancêtres et contemporains.

La construction de l’estime de soi passe beaucoup par la fierté de ce que sa communauté d’appartenance a accompli. Si ce n’est pas enseigné, le jeune a tendance à admirer et vouloir ressembler à d’autres peuples. En l’occurrence, le-la jeune noir-e.

Ils auront aussi tendance à utiliser des références occidentales, européenne, orientales et j’en passe, au lieu de les leur. Par exemple, utiliser l’expression « les irréductibles gaulois» au lieu de «les irréductibles nèg mawon».

La première fait référence aux africains esclaves qui se sont révoltés et enfuis dans les montagnes pour combattre les maîtres blancs. L’autre fait allusion aux gaulois qui ont tenu tête à l’empire romain.

Pythagore est enseigné comme étant le père de la géométrie, pourtant l’une des plus vielles figures géométriques est une pyramide (triangulaire) égyptienne. Et il n’est pas égyptien Pythagore…

Il n’y a rien de mal à connaître l’histoire internationale. Cependant, la méconnaissance de ses propres repères historiques est un danger pour l’image que l’on se fait de soi même.

Cela va aussi loin que de penser que les peuples noirs sont incapables et maudits, par exemple. Parce qu’ils ont connu l’esclavage et encore aujourd’hui la misère. Le pire c’est de penser qu’ils n’ont connu et connaissent que ça.

Il faut être capable de se sentir autant fier de son peuple que d’un autre. Et cela passe évidement par la connaissance de l’héritage des grands scientifiques, des empires, des grands rois ou des politiciens africains, d’hier à aujourd’hui. Il faut tellement les connaître que ces mêmes informations sur d’autres peuples ne nous impressionnent plus. À partir de là, on torpille tout sentiment d’infériorité qui pourrait nuire à la construction de soi et de tout un peuple.

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De patriote à je «m’enfoutiste»

Cette sensation de porter la misère de tout un peuple, de passer outre ses propres besoins, de vouloir à tout prix même sa vie le défendre, quand est-ce que ça disparaît? Après, des chocs émotionnels, des défis qui frôlent l’insurmontables, ou l’application de la justice sociale à petite échelle?

Vous connaissez tous autour de vous quelqu’un qui n’aurait changé sa nationalité même sous la torture. D’autres qui jurent d’être enterrés sur leur terre natale. Ou encore ceux qui retournent au pays pour offrir leurs compétences, y investir ou s’installer. Du jour au lendemain, ces personnes ne se soucient plus de tout cela. Pourquoi?

Quelle est la différence entre ces deux catégories, ceux qui s’y installent de façon permanente et ceux qui visitent et maintiennent leurs convictions?

Les «convictionnistes »

Dans cette catégorie l’on retrouve ceux qui ne veulent pas d’une double nationalité. Quand bien même elle serait permise dans la constitution haïtienne. Puisqu’ils veulent garder la confiance de tout un peuple. Ils veulent leur prouver que :«si gen on kouri, se la m-ap mouri», trad.: « S’il y a une catastrophe c’est là que je vais mourir». Je vais mettre la main à la patte parce qu’on est dans le même bateau.

Ils veulent donc montrer qu’ils sont dans le même bateau. Pas de rapatriement d’urgence par exemple, en cas de catastrophe. De plus, les rapports avec les pays riches n’ont jamais totalement inspirés confiance. Ne serait-ce que dans la manière de fixer des prix trop bas pour les matières premières.

Alors, avoir une carte d’entrée citoyenne d’un autre pays n’inspire pas non plus la confiance. C’est la peur des «colabos». Ceux qui n’hésiteraient pas à signer des accords désavantageux. Ceux qui fuient par la suite avec des biens mal acquis vers ces mêmes pays.

Les investisseurs

Sont ceux qui reviennent avec leurs diplômes pour travailler dans le secteur privé ou publique. Les entrepreneurs qui ouvrent carrément leurs entreprises et les vacanciers . Dans les trois cas, ils font tous des voyages de va et viens.

Jusqu’au jour où ils se heurtent au système « ti zanmi», l’obtention de poste par alliance. À noter que même au sein de l’état, ou au publique cela existe dans tous les pays. C’est le référencement. Mais dans un pays où la fuite des cerveaux engendre un manque criant de main d’œuvre hautement qualifiée, c’est choquant.

Du choc au « je m’emfoutisme»

Un choc qui souvent créée un désengagement qui transforme le citoyen en opportuniste. Le mot pourrait sembler péjoratif, mais ce n’est pas toujours le cas. C’est souvent le besoin d’appliquer une sorte de justice social à soi-même. Après avoir vu son business détruit par jalousie ou pendant des révoltes populaires. Ou en constatant la honte que leur dirigeants leur infligent sur la scène internationale.

Dans l’extrême, il y a vraiment ceux qui se transforment en «colabos». Que ce soit en portant le message d’un agenda politique désavantageux pour son peuple dans le pays d’accueil. Ou encore, en revenant s’initier dans l’appareil étatique, signant sans scrupules des contrats désavantageux pour leur pays.

Il reste malgré tout les irréductibles « nèg mawon», qui se battent jusqu’au bout. Ils maintiennent leurs convictions. Ils refusent la double nationalité. Ils veulent être enterrés sur leur terre natale. Quand des portes se ferment, ils investissent et réinvestissent en créant des entreprises. Si des étrangers réussissent sans trop de perturbations sur leur propre sol, pourquoi pas eux?

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Noire antillaise je ne veux pas être identifiée à l’Afrique car j’ai honte

Depuis toute petite vivant en Haïti, j’ai ressenti cette connexion avec le continent africain. Par contre, je n’ai jamais aimé que les gens pensent que je suis africaine. Toujours sur la défensive face la misère que je voyais à la télé, je leur rappelait que j’étais haïtienne, riche, différente, fière et libre depuis plus de 200 ans. Jusqu’à ce que je sache la grandeur cachée du peuple noir réduit à des primitifs, absents du développement de la civilisation humaine.

Dans ce long processus de guérison j’ai découvert un continent africain riche, où l’histoire ne débute pas avec l’esclavage d’un peuple primitif. Que les noirs immigrants dans les pays occidentaux et européens ne sont pas des mendiants. Puisqu’à l’inverse, quand ils vont dans nos pays africains ce sont des investisseurs même à échelle humaine et non qu’en tant qu’entreprise. Je n’ai plus eu honte ni peur d’être associée à mon peuple africain. Et cette sensation d’avoir perdu une partie de moi, de ma culture, de mes origines avait disparue.

Pour un-e adolescent-e en développement, c’est très dur d’affronter le rabaissement constant de son peuple, parce qu’on ne dispose pas encore de l’éducation nécessaire pour rester fier et réfuter toutes sortes de faussetés. C’était dur, je laissais peu l’occasion que cela arrive en attendant de me faire une tête pour savoir comment me défendre.

Maintenant que c’est fait, je ne veux plus que d’autres jeunes attendent aussi longtemps pour connaître leur vrai histoire, leur vrai valeur sur l’échéquier mondial. Cela devrait être basique chez chaque enfant noir. Dès la plus tendre enfance, de connaître des images positives sur soi. Que l’Afrique actuel et les ancêtres sont bien plus que la pauvreté, la misère et le retard de développement. Comment les premiers humains sur terre peuvent-ils être des primitifs? De fait, sont-ils réellement incapables de se gouverner? Comment un continent aussi riche en ressources naturelles soit considéré comme pauvre?

Livre : Syndrome post-traumatique de l’esclave, Comment l’héritage de l’esclavage affecte aujourd’hui les Noirs

https://www.blackstaredition.com/syndrome-post-traumatique-de-lesclave/?fbclid=IwAR1_2sfZy0Mu5XDXaKLfeKZZz-v_L1s0MnjGtK3cNg3rY4SLfN8d8zr3y_k

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Voyager, un visa, ce n’est pas gagner un billet de loterie

Tout le monde s’attend à ce que tu possèdes très vite la voiture, la maison, et la capacité de revenir au pays et dépenser sans sourciller au risque de te faire traiter de pingre. Beaucoup d’immigrants se retrouvent confrontés à une exigence de réussir dès qu’ils obtiennent un visa et posent les pieds sur un sol étranger.

Pourtant, ce n’est pas comme gagner un billet de loterie. Il faut de la sueur pour se faire un statut, faire sa place et bien gagner sa vie. Et pour ça, plusieurs facteurs entrent en jeu comme le choix d’étudier ou de travailler au salaire minimum.

Salaire minimum ou études?

Si vous choisissez les études ne vous attendez pas à être riches pour faire de multiples transferts d’argent vers votre pays d’origine et «faire le boss» quand vous y allez en vacance. Ils vous le feront remarquer:«comment ça se fait que tu ne peux pas faire ceci ou cela, que tu ne possèdes pas ceci ou cela alors que tu vis à l’étranger! Mais je suis étudiant-e…

Si vous optez pour le travail à temps plein, vous serez quand même au salaire minimum le temps de faire l’évaluation comparative de vos études. Et dans bien des cas, même en l’obtenant, ce n’est pas possible de travailler sur son domaine.

Vous voilà donc au salaire minimum à payer votre loyer, la nourriture, l’électricité les transports et autres besoins vitaux et loisirs. Si vous êtes chanceux d’habiter en famille vos dépenses sont un peu allégées. Sinon, vous êtes seul et on compte sur vous pour envoyer de l’argent au pays… et dépenser pendant vos séjours.

Le choix que je ne nomme affectueusement «cocktail Molotov»c’est de combiner travail et études. Vous êtes fatigué, exténué et fauché. Même en étant en famille ou en collocation, prêts et bourses ou pas, c’est clair: vous êtes pauvre. À noter que: «C’est ce genre de pauvreté qui te force à être économe, à magasiner des vêtements essentiels et à ne pas voyager dans le sud chaque année.». Du moins, jusqu’à la fin de vos études…

La fin des études

Vous êtes diplômés au Québec après avoir tout recommencé ou pas, bravo! Mais les statistiques sont tranchantes, vous êtes beaucoup plus susceptible d’obtenir un poste en vous appelant Dianne Tremblay. «The struggle is real…». Il y aura aussi les intempéries de la vie qui vous terrasseront en chemin, des problèmes familiaux et de santé par exemple. Alors, ne soyez pas trop dur avec vous-même et faites le comprendre à vos proches au pays.

Revalidez sans cesse vos compétences pour ne pas rater des opportunités, restez à jour et réseautez. Sinon, pratiquement tous les domaines sont compatibles avec l’entrepreneuriat, pourquoi ne pas vous lancer.

Vous n’avez pas gagné un billet de loterie. Il faut travailler avec acharnement, ne culpabilisez pas de vous même et surtout pas face aux attentes démesurées de vos proches ici et surtout ceux de votre pays d’origine.

Covid-19 stope la «loterie visa»

En pleine pandémie imaginez la panique de ceux qui comptent sur la «loterie visa». Tous les bureaux de visa sont au ralenti en ce moment. Ils doivent être dévastés, puisque pour beaucoup ce serait l’ultime voix de réussite. Pourtant, bien des personnalités ont réussi dans leur pays et se sont fait des tentacules à l’étranger.