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JOURNALISME

Les orphelins de l’exode des cerveaux

Toute petite j’ai  été conditionnée à vivre avec un mur dans ma vie. Le mur de l’immigration. Ce mur qui m’a toujours séparée des gens que j’aime.

Alors que j’étais en Haïti, ma mère partait souvent en République Dominicaine, mon père partait souvent aux Antilles et au Canada. Après tous ces allers-retours, il s’est installé à Montréal pendant 7 longues années. Il a finalement ramené toute la famille près de lui au Canada, mais l’immigration avait déjà érigé un mur entre nous. Il ne nous reconnaissait plus. On ne se reconnaissait plus.

J’ai cru à tort que les choses reprendraient leur cours. Je rêvais d’une famille que l’on ne quitte que lorsqu’on se marie comme la coutume haïtienne le veut.  L’espoir de ratrapper le temps perdu, de créer de nouveaux souvenirs et de vivre dans une nouvelle maison familiale…Toutes ces années à attendre que la famille redeviennent «normale», tout ça en vain. Petit à petit tout le monde est parti. Mes trois sœurs et mon frère.

Conclusion amère d’un beau conte de fée : à leur âge, mes parents ne pouvaient plus se permettre de bâtir une autre maison au Canada. Et puis, de toute façon, ici, tout le monde part dès qu’on a mis la main sur son premier emploi, trouvé sa blonde ou son chum, ou son «colocataire-âme soeur».

Mon histoire, c’est celle de beaucoup d’autres familles d’immigrants. La réunification familiale est une expression bien positive, mais au cours du processus, la famille se divise. Trop de temps de séparation, choc culturel, défi d’intégration, ma famille comme bien d’autres a cédé sous la pression de ces facteurs.

Et un autre mur allait s’ériger devant moi. Celui qui me séparait de mon petit ami resté en Haïti. Je ne voyais pas pourquoi nous devions nous séparer parce que je partais pour le Canada. Mon père et ma mère avaient bien continué à être mes parents non? Même à des kilomètres.

Mais la réunification allait être tout aussi difficile. Maintenant comme jamais, je ne comprenais pas pourquoi l’immigration était aussi compliquée et si longue. Et ça faisait mal. Après une demande de visa de visiteur refusée à mon petit ami, et d’innombrables démarches pour obtenir un visa d’étudiant, on finalement décidé de se marier. Mais tout n’était pas gagné. Il a fallu convaincre les autorités de notre sincérité pour qu’ils lui donnent le statut de résident permanent. Mais on l’a eu.  Cette fois, le mur, je l’ai vaincu.

Par Forestal Sterline

Pourquoi je suis devenue journaliste?
Ne pouvant pas s’impliquer en politique trop jeune j’ai choisi le journalisme par ce que je croyais que cela peut faire développer une société dans tous les domaines. En attendant de commencer une carrière politique.
Je m’exprimais très bien en publique, j’aimais beaucoup écrire et tout le monde me disait que j’écrivais très bien. J’ai dû apprendre la concision et diminuer ma stylistique littéraire.
Être journaliste me donnait aussi une longueur d’avance pour acquérir un statut de personnalité publique incontournable pour faire de la politique.
Pour moi une journaliste est une enseignante qui use de sa plume et de sa voix pour enseigner. La différence c’est qu’on est pas dans une salle de classe.

Ensuite je me suis dirigé vers une formation en science politique et administration publique pour être reconnue comme autorité compétente dans ces deux domaines, à part d’avoir la passion de les exercer.

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