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JOURNALISME

De patriote à je «m’enfoutiste»

Cette sensation de porter la misère de tout un peuple, de passer outre ses propres besoins, de vouloir à tout prix même sa vie le défendre, quand est-ce que ça disparaît? Après, des chocs émotionnels, des défis qui frôlent l’insurmontables, ou l’application de la justice sociale à petite échelle?

Vous connaissez tous autour de vous quelqu’un qui n’aurait changé sa nationalité même sous la torture. D’autres qui jurent d’être enterrés sur leur terre natale. Ou encore ceux qui retournent au pays pour offrir leurs compétences, y investir ou s’installer. Du jour au lendemain, ces personnes ne se soucient plus de tout cela. Pourquoi?

Quelle est la différence entre ces deux catégories, ceux qui s’y installent de façon permanente et ceux qui visitent et maintiennent leurs convictions?

Les «convictionnistes »

Dans cette catégorie l’on retrouve ceux qui ne veulent pas d’une double nationalité. Quand bien même elle serait permise dans la constitution haïtienne. Puisqu’ils veulent garder la confiance de tout un peuple. Ils veulent leur prouver que :«si gen on kouri, se la m-ap mouri», trad.: « S’il y a une catastrophe c’est là que je vais mourir». Je vais mettre la main à la patte parce qu’on est dans le même bateau.

Ils veulent donc montrer qu’ils sont dans le même bateau. Pas de rapatriement d’urgence par exemple, en cas de catastrophe. De plus, les rapports avec les pays riches n’ont jamais totalement inspirés confiance. Ne serait-ce que dans la manière de fixer des prix trop bas pour les matières premières.

Alors, avoir une carte d’entrée citoyenne d’un autre pays n’inspire pas non plus la confiance. C’est la peur des «colabos». Ceux qui n’hésiteraient pas à signer des accords désavantageux. Ceux qui fuient par la suite avec des biens mal acquis vers ces mêmes pays.

Les investisseurs

Sont ceux qui reviennent avec leurs diplômes pour travailler dans le secteur privé ou publique. Les entrepreneurs qui ouvrent carrément leurs entreprises et les vacanciers . Dans les trois cas, ils font tous des voyages de va et viens.

Jusqu’au jour où ils se heurtent au système « ti zanmi», l’obtention de poste par alliance. À noter que même au sein de l’état, ou au publique cela existe dans tous les pays. C’est le référencement. Mais dans un pays où la fuite des cerveaux engendre un manque criant de main d’œuvre hautement qualifiée, c’est choquant.

Du choc au « je m’emfoutisme»

Un choc qui souvent créée un désengagement qui transforme le citoyen en opportuniste. Le mot pourrait sembler péjoratif, mais ce n’est pas toujours le cas. C’est souvent le besoin d’appliquer une sorte de justice social à soi-même. Après avoir vu son business détruit par jalousie ou pendant des révoltes populaires. Ou en constatant la honte que leur dirigeants leur infligent sur la scène internationale.

Dans l’extrême, il y a vraiment ceux qui se transforment en «colabos». Que ce soit en portant le message d’un agenda politique désavantageux pour son peuple dans le pays d’accueil. Ou encore, en revenant s’initier dans l’appareil étatique, signant sans scrupules des contrats désavantageux pour leur pays.

Il reste malgré tout les irréductibles « nèg mawon», qui se battent jusqu’au bout. Ils maintiennent leurs convictions. Ils refusent la double nationalité. Ils veulent être enterrés sur leur terre natale. Quand des portes se ferment, ils investissent et réinvestissent en créant des entreprises. Si des étrangers réussissent sans trop de perturbations sur leur propre sol, pourquoi pas eux?

Par Forestal Sterline

Pourquoi je suis devenue journaliste?
Ne pouvant pas s’impliquer en politique trop jeune j’ai choisi le journalisme par ce que je croyais que cela peut faire développer une société dans tous les domaines. En attendant de commencer une carrière politique.
Je m’exprimais très bien en publique, j’aimais beaucoup écrire et tout le monde me disait que j’écrivais très bien. J’ai dû apprendre la concision et diminuer ma stylistique littéraire.
Être journaliste me donnait aussi une longueur d’avance pour acquérir un statut de personnalité publique incontournable pour faire de la politique.
Pour moi une journaliste est une enseignante qui use de sa plume et de sa voix pour enseigner. La différence c’est qu’on est pas dans une salle de classe.

Ensuite je me suis dirigé vers une formation en science politique et administration publique pour être reconnue comme autorité compétente dans ces deux domaines, à part d’avoir la passion de les exercer.

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